Aujourd’hui, le journal Libération invite dans ses pages l’artiste chinois Ai Weiwei et lui offre un espace d’intervention artistique et politique. Dans son édito, Nicolas Demorand précise que cela « aura demandé un peu d’astuces et pas mal de persévérance. Afin de déjouer les obstacles, les pressions diffuses, de passer les frontières, réelles ou virtuelles. Afin, surtout, de ne pas mettre en trop grand danger un artiste dissident qui a décidé de vivre à nouveau dans son pays, quitte à ne plus bénéficier du douloureux confort de l’étrange. »
L’occasion pour NOP de vous en dire un peu plus sur cet artiste dissident
Ai Weiwei, né le 28 août 1957 à Pékin, est un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise.
Dans son classement annuel, le magazine “Art Review” l’a désigné comme la figure la plus puissante de l’art contemporain en 2011.
Les œuvres d’Ai Weiwei ont été exposées aux États-Unis, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en France, en Australie, en Chine, en Corée et au Japon.
En 2007, A la Documenta de Kassel, il invite 1001 chinois et crée une installation avec 1001 portes et fenêtres des dynasties Ming et Qing, que les autorités chinoises éliminent pour laisser place à des buildings.
Une de ses œuvres récentes les plus célèbres est l’installation Sunflower Seeds présentée dans le cadre des « Unilever Series », du 10 octobre 2010 au 2 mai 2011, à la Tate Modern de Londres. L’œuvre est constituée de plusieurs millions de représentations de graines de tournesol ; elle joue avec une métaphore célèbre de Mao Zedong où le peuple chinois devait se tourner vers lui comme les tournesols vers le soleil. Cette sculpture, selon le mot choisi par la Tate Modern pour présenter l’œuvre, est constituée de petites porcelaines peintes une à une, à la main, par près de 1 600 artisans et ouvriers de la ville de Jingdezhen (dont la porcelaine est historiquement l’activité économique principale et qui traverse une crise de l’emploi sans précédent) et installées sur 1 000 m2 du hall sur lesquelles pouvaient initialement se déplacer les visiteurs.
Il réalise également sa série du « doigt d’honneur », irrespect suprême de l’autorité, de toutes les autorités. Ça passe quand c’est la Tour Eiffel ou le Capitole à Washington, c’est gonflé, là encore, quand ce doigt est dirigé vers la porte de la paix céleste, au cœur de Pékin, sur laquelle trône toujours le portrait de Mao Zedong. Pour l’avoir « défiguré » un jour avec de l’encre, un Chinois a passé de longues années en asile psychiatrique.
Artiste, bien sur, engagé, Il est l’un des 303 intellectuels chinois signataires de la charte 08, manifeste publié le 10 décembre , signé par plus de 303 intellectuels chinois et activistes des droits de l’homme pour promouvoir la réforme politique et le mouvement démocratique chinois dans la république populaire de Chine.
Ai Weiwei est arrêté le 3 avril 2011. La police de Pékin annonce, le 22 juin 2011, sa libération sous caution, après 81 jours d’enfermement dans un lieu inconnu et des conditions dégradantes, qui avait soulevé une vague d’indignation à travers le monde.
Il se prend nu également en photo pour forcer la Chine à adopter le même rapport à la transparence …
Un artiste à découvrir donc…
Ses oeuvres sont exposées actuellement au jeu de Paume à Paris, pendant qu’Ei Weiwei, lui est assigné à résidence en Chine…
Gardez l’œil ouvert,
NOP




















